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La
société Les Cars Rouges
L'idée
de faire circuler à Paris les fameux double deckers
remonte à la fin des années 1980.
C'est
un mathématicien de formation, consultant pour un grand groupe
industriel et installé en Angleterre qui a posé les
bases du projet parisien d'exploitation des bus les plus célèbres
du monde.
Abdallah
EL-AZM, aujourd'hui PDG de la société Les Cars Rouges,
vivait à Londres depuis vingt six ans quand il a réalisé
qu'en France, un des rares pays européens qui, comme la Grande
Bretagne, ne réglemente pas la hauteur des autobus urbains,
les bus à impériale n'étaient pas utilisés.
Le marché des bus touristiques à deux étages
offrait donc de larges possibilités d'exploitation.
Au
début des années 90, deux entreprises se partagent
alors 80 % du marché, avec des prix relativement élevés,
et leurs agences proposent des excursions " fermées ",
où les lieux, itinéraires et horaires de visite sont
fixées à l'avance, et où les cars ne font que
transporter des groupes.
A l'époque
déjà, Paris, première ville de congrès
du monde et l'une des toutes premières capitales du tourisme
accueille en moyenne 400 autocars par jour - voire parfois 2 000
en haute saison. Et ce moyen de transport est de plus en plus prisé
par les touristes, ce qui ne manque pas d'accroître les nuisances
en tous genres pour les Parisiens (pollution, difficulté
de circulation, ...etc).
Le
concept français des Cars Rouges, novateur, arrive à
point nommé : une ligne régulière, avec
un billet valable deux jours, que l'on achète sans réservation
directement au chauffeur avec la possibilité de monter et
descendre librement à chaque arrêt, tous les jours
de l'année. Des double deckers rouges, circulant
dans les couloirs des bus, sans stationnement, qui prennent les
touristes à tel monument et les déposent à
tel autre, leur offrant une liberté totale de composer eux-mêmes
leur propre visite de Paris.
L'idée
semble excellente, mais où se procurer les bus ? Pour
démarrer son entreprise, Abdallah EL-AZM veut des véhicules
d'occasion. Ils n'existent pas en France, il faut donc les importer.
Or, peu de villes en Europe ont opté pour ce type de bus
à étage, et les bus londoniens ne sont conduits qu'à
droite. Finalement, les premiers bus seront trouvés en Autriche.
Le
projet est accepté par le Syndicat des Transports Parisiens,
qui autorise Les Cars Rouges à exploiter une ligne régulière
de bus dans Paris. C'est une première, la RATP ayant jusque
là le monopole.
Les
Cars Rouges commencent à circuler à Paris le 27 juillet
1991. Ce sont quatre bus à moteur MAN, (une soixantaine de
places, toit coulissant à l'étage), fonctionnant au
GPL, achetés au service public viennois et entièrement
réaménagés selon les fortes exigences du Service
des Mines, notamment en matière de sécurité :
il fallait par exemple avoir deux escaliers, respecter une certaine
distance entre chaque siège,etc.
A l'époque,
la fréquence de passage de ces quatre bus était d'une
heure. Mais déjà Les cars Rouges semblaient avoir
trouvé un public : dès le mois de septembre 1991,
la moyenne quotidienne de fréquentation s'établit
à 120 personnes. C'est assez pour donner à M. EL-AZM
l'envie de continuer.
Actuellement,
ce sont des bus à vue panoramique d'une centaine de places
qu'on peut voir circuler tous les quarts d'heure, pour un nombre
de visiteurs sans cesse plus élevé chaque année.
Après
une décennie de croissance ininterrompue, la société
Les Cars Rouges affiche une belle santé économique
emploie aujourd'hui près de 70 salariés
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